L'oeil public

SILENCE SIDA
Une génération décimée

Alors que le prix des traitements baisse et que les populations des pays du Nord commencent à ne plus mourir du sida, le Malawi (11,2 millions d’habitants en 2002), au sud de la Tanzanie, demeure un des pays les plus touchés par le fléau. Une prévention qui n’arrive pas à percer les voiles du tabou Sexe, et une catastrophe pour une génération décimée.
Dans le sud du Malawi, une personne  » sexuellement active  » sur trois est séropositive. Beaucoup ne le savent pas ou ne veulent pas le savoir. 80% des admissions à l’hôpital sont relatives au sida, et huit à neuf cas de tuberculose sont liés au fléau, mais ici on préfère croire que c’est la tuberculose ou le palu qui tuent, pas le sida.
Cette génération, touchée de plein fouet par la maladie, laisse derrière elle des enfants, livrés à des grands-parents qui n’ont ni la force, ni les moyens de les élever. Selon les estimations, le pays compte au moins un million d’orphelins. Ces enfants, parce qu’ils n’ont même pas les moyens d’avoir des vêtements pour aller à l’école, n’ont pas accès à l’éducation. Ils sont alors livrés à la rue, accomplissant des taches domestiques pour ramener quelques kouachas (la monnaie locale) à ce qui reste de leur cellule familiale. Soutien de famille… à dix ans.
La prostitution ou le vol pour survivre, une génération se précarise. Aujourd’hui, plus d’une femme enceinte sur trois est séropositive. Un enfant sur quatre ne vit pas sa cinquième année, et un sur trois est voué à devenir orphelin… A ce rythme, la population du Malawi aura diminué de 15% dans quatre ans.
L’Ouganda, un des premiers pays touchés par le sida, a tenté assez vite de prendre en main son fléau. Mais là aussi le poids du tabou et la stigmatisation pousse les malades à se cacher. La prévention officielle prône l’abstinence, les veuves du sida abandonnent leurs enfants plutôt que de risquer de ne pas pouvoir se remarier. L’Ouganda compte plus de deux millions d’orphelins et toujours pas de traitement.
Au Malawi et en Ouganda, les conséquences sociales du fléau se font déjà sentir. Outre le fait que les enfants n’ont pas accès à l’éducation, les professeurs meurent plus vite qu’ils ne sont formés. Une génération décimée laisse derrière elle des enfants sans cadre, sans cellule familiale, sans éducation, sans avenir.

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